CUEILLETTE VIRTUELLE

Prenez votre panier, enfilez vos bottes et partez pour une délicieuse cueillette de dessins de champignons !

A défaut de vous balader dans la forêt, plongez dans cette exposition virtuelle et cueillez du regard ces êtres vivants hauts en couleur, entre plantes et animaux.

Découvrez leurs histoires et leurs formes toutes plus extravagantes les unes que les autres au gré des dessins de Nathan Macario, étudiant en licence de Biologie à Toulouse et passionné de faune. Dessinateur depuis qu’il sait tenir un crayon, Nathan a décidé d’allier ses deux passions, dessin et nature, pour s’adonner au dessin naturaliste dès qu’il le peut.

Durant deux mois, il a rejoint l’équipe scientifique du projet BUG pour coucher sur papier autant de champignons et de fourmis de Guyane qu’il aura pu en dessiner durant son séjour, et ainsi rendre, pour notre plus grand bonheur, visible l’invisible !

Retrouvez les dessins de Nathan sur son site internet !

La Chanterelle de Guyane

Cantharellus guyanensis

Appréciée des humains et des cochons-bois, la chanterelle de Guyane est l’un des rares champignons du territoire guyanais à être reconnu pour sa comestibilité et ses qualités gustatives.

Leurs trompettes orange vif se retrouvent fréquemment sur le plateau des Guyanes où elles poussent sur les sols riches en sable. Aide précieuse pour de nombreuses espèces d’arbres et de buissons de nos forêts (Coccoloba, Guapira, Neea, etc.), les chanterelles de Guyane sont des champignons ectomycorhiziens : en enveloppant les racines de leurs hyphes, elles apportent eau et minéraux aux végétaux, ainsi qu’une aide non négligeable contre les pathogènes. En contrepartie, le champignon reçoit de l’arbre de grandes quantités de carbone nécessaires à sa croissance.

Les Marasmes

Marasmius sp.

Petits parapluies graciles, les Marasmes égayent discrètement nos forêts de leurs chapeaux colorés : vermillon, fuchsia (Marasmius haematocephalus), orange (Marasmius hypophaeus), gris (Marasmius griseoradiatus), marrons, blancs ou encore verts, ces champignons se reconnaissent à leurs petits chapeaux sillonnés aux bords ondulés cachant des lames souvent espacées et portés par un long pied filiforme.

Si les Marasmes sont parfois remarquables par leur couleur, ils ne le sont pas par leur taille : petits voire minuscules, ces champignons ne dépassent pas 4 cm de hauteur et 1 cm de diamètre.

Tiré du grec ancien « marasmos », leur nom signifie littéralement « dessèchement » du fait de leur capacité à reprendre leur forme initiale même après une dessiccation importante.

On les retrouve poussant sur les feuilles mortes ou les souches d’arbres qu’ils décomposent.

 

 

Retrouvez son portrait photo réalisé par Heidy Schimann sur la page « Portraits de champignons« .

Les Cyathus

Cyathus sp.

Ce que vous voyez là n’est pas un nid d’oiseau aux œufs d’argent, mais bien un champignon ! Justement dérivé d’un terme Grec signifiant « tasse », les Cyathus sont aisément reconnaissables à leurs vasques à la pilosité généreuse. Ce que nous apparentons à de petits « œufs » sont en fait des structures reproductrices contenant les spores, reliées au corps du champignon par un petit cordon élastique, le funicule.

S’ils sont facilement identifiables, les Cyathus ne sont pas pour autant aisés à voir : leur petite taille (4 à 8 mm de large) et leur couleur gris-brun les confondent avec le sol forestier ou les souches d’arbres sur lesquels ils poussent. Décomposeurs de matière organique morte (débris végétaux et animaux), ces saprophytes n’ont pas bonne presse auprès des gourmets et des gourmands qui les considèrent comme non comestibles.

Collybia aurea

Collybia aurea se reconnaît à son chapeau jaune de 2 à 4 cm de diamètre, dont les marges peuvent être fortement enroulées chez les jeunes carpophores, portés par un pied pouvant atteindre les 6 cm. La chaire relativement ferme et élastique revêt un aspect lisse, presque graisseux. L’envers du chapeau est recouvert de fines lamelles serrées, alternées de lamellules.

Principalement observé sur le continent Américain, on retrouve généralement ce champignon poussant sur le bois mort des forêts humides.

On peut également les voir en Afrique où ils sont vendus sur les marchés sous le nom de « Girolles ». Même si ces champignons semblent être consommés, aucune étude n’a encore confirmé leur comestibilité.

Les Marasmiellus

Marasmiellus sp.  

Plus charnus que les Marasmes, les Marasmiellus présentent également un chapeau sillonné prenant des allures de parasol. Leurs lames sont généralement accompagnées de lamellules qui s’agencent parfois en réseaux.

Le Marasme blanc (Marasmiellus candidus) est l’espèce la plus fréquemment retrouvée en Guyane : leur chapeau blanc à la taille variable (0.5 à 2 cm) est soutenu par un pied de même couleur. Les lames et lamellules sur la face inférieure s’entrecroisent en veinures irrégulières. Le chapeau du Marasme blanc est d’abord lisse puis prend rapidement un aspect fripé.

Comme beaucoup de champignons, les Marasmiellus sont des décomposeurs. On les retrouvera donc dans les forêts, poussant sur le bois morts ou les feuilles tombées au sol.

Les Bolbities

Bolbitius sp.

Largement répandu en Europe et aux Etats-Unis, le genre Bolbitius est rarement observé en Guyane et reste, de ce fait, assez méconnu.

La star du genre Bolbitius est connue sous le nom de Bolbitie Jaune d’œuf (Bolbitius titubans), reconnaissable à son chapeau jaune, strié voire fortement cannelé. Cosmopolite mais surtout connu des milieux tempérés, on le retrouve sur les débris végétaux ou animaux qu’il décompose.

Les Hygrocybe

Hygrocybes sp.

De taille modeste, il est malgré tout difficile de ne pas remarquer les Hygrocybes lors de nos balades : leurs couleurs chaudes et vives, allant du jaune au rouge, dénotent sur le parterre forestier.

Les Hygrocybes sont généralement surmontés de petits chapeaux coniques s’aplatissant avec le temps. Si on les appelle « tête d’eau » en grec, c’est qu’une fois mature, leurs chapeaux prennent un aspect visqueux.

Les Amanites

lmanita sp.

Bien connues grâce à la fameuse Amanite Tue-mouche tout droit sortie des contes de fées, les 660 espèces du genre Amanita parmi lesquelles toxicité et qualités gustatives se côtoient, suscitent tant la crainte que l’attrait.

D’abord semblables à un œuf, les Amanites émergent du sol protégées par un fin voile blanc, dit voile général. Pressée par le chapeau naissant, la délicate membrane finit par se déchirer pour se réduire à un anneau juponnant le haut du pied et une volve habillant le bas. Elle laisse alors s’épanouir un large chapeau étalé aux couleurs et aspects variés, mais dont les lamelles sont toujours libres (non attachées au pied) et de couleur blanche ou jaune.

En Guyane on connaît notamment l’Amanita perphaea, en tout point semblable à l’Amanite Tue-Mouche (pied blanc et chapeau recouvert de « verrues » blanches, vestiges du voile général), si ce n’est la couleur couleur gris-noire qui colore son chapeau.

La Lépiote jaune

Leucocoprinus birnbaumii

Remarquable tant par sa couleur jaune que par sa taille (4 à 7 cm), la Lépiote jaune se reconnaît à son large chapeau (3 à 5 cm) floconneux présentant un mamelon foncé en son centre et des stries sur ses bords. Lorsqu’elle est jeune, le chapeau prend d’abord l’apparence d’un œuf, puis s’aplatit au fil du temps. En le retournant, vous découvrirez des lames couleur crème aux arêtes jaunes, assez serrées les unes aux autres.

Espèce saprophyte, la Lépiote jaune décompose la matière morte. On la retrouve alors fréquemment poussant sur l’humus des forêts tropicales, parmi les feuilles mortes et les souches. Il arrive toutefois qu’elles fassent une apparition fugace dans les pots de fleurs en région tempérée, voyageant discrètement dans la terre des plantes d’appartement.

Malgré son apparence chatoyante, sa comestibilité reste douteuse. Mieux vaut donc s’abstenir de toute cueillette voire omelette de Lépiote jaune !

La Pleurote rose

Pleurotus djamor

Rare champignon de Guyane à être reconnu pour sa valeur gustative, la Pleurote rose offrirait au palais un savant mélange de saveurs alliant viande et poisson. Sa texture naturellement moelleuse peut également devenir croustillante si elle est frite, lui donnant alors des allures de bacon !

Les champignons du genre Pleurotus, dérivé du grec « oreille de côté », se reconnaissent à leurs chapeaux attachés latéralement à un tronc ou une souche.

Plus particulièrement, la Pleurote rose se reconnaît à son chapeau ondulé et rosé, peu épais mais pouvant atteindre 5 cm de large

Présente surtout en zone tropicale et particulièrement en Amérique Centrale, la Pleurote rose n’est pas rare en Guyane : depuis Rémire-Montjoly jusqu’à Saül, en passant par Roura ou Tonnegrande, il semblerait qu’elle ait su conquérir une bonne partie de la Guyane…. Alors à vos paniers !

Leiotrametes guyanensis

Membres du grand groupe des Polypores, les champignons du genre Leiotrametes se reconnaissent aux nombreux pores qui recouvrent la face inférieure de leurs chapeaux plats, oranges et striés.

Dits saprophytes, ces champignons tiennent un rôle essentiel dans la forêt car ils décomposent le bois et tiennent ainsi une place centrale dans les cycles du carbone et de l’azote. On les retrouvera donc accroché aux troncs morts ou aux souches par un petit pied semblable à une tige.

Le Lentin

Lentinus crinitus

Typique de la famille des Lentins, Lentinus crinitus, se reconnaît aisément à son chapeau velu et marron, dont la face inférieure est recouverte de lamelles serrées. Comme chez les pleurotes, les pieds des Lentins sont toujours excentrés. Au toucher, on remarquera sa chaire fibreuse et assez coriace.

Dit saprophyte, ce champignon est un décomposeur et se retrouve, de ce fait, sur le bois mort.

Cookeina tricholoma

Reconnaissables au premier coup d’œil, ces petits bols (environ 2 cm) à l’aspect cartilagineux sont typiques du genre Cookeina. Ces champignons utilisent leurs chapeaux comme collecteurs de pluie et moyen de dissémination : grâce à la différence de pression d’eau dans les cellules lorsqu’il y a évaporation de l’eau contenue dans les urnes, la fine membrane au somment des cellules reproductrices (les asques) se brise, libérant alors les spores.

L’espèce Cookeina tricholoma se reconnaît particulièrement à sa couleur orange-saumon et à ses nombreux poils recouvrant l’extérieur du chapeau. Ces petites vasques ne viennent généralement pas seules, et il n’est pas rare d’en trouver des « bouquets » sur les branches mortes ou les troncs d’arbres en forêt

 

 

Retrouvez son portrait photo réalisé par Heidy Schimann sur la page « Portraits de champignons« .

Les Entolomes

Entoloma sp.

Les Entolomes peuvent revêtir des formes très variées. Certains s’habillent d’un chapeau charnu porté par un pied vigoureux, comme le pâle Entolome livide (Entoloma sinuatum), d’autres au contraire paraissent plus chétifs, tel Entoloma dragonosporum dont le « couvre-chef » marron est soutenu par un long pied gracile à l’aspect fragile.

Si leurs formes sont variées, leurs couleurs le sont aussi : on passe aussi bien du bleu cyan (Entoloma hochstetteri), qu’à l’orange (Entoloma quadratum), au vert (Entoloma incanum) ou encore au noir corbeau (Entoloma corvinum).

Malgré toutes ces dissemblances, les Entolomes gardent des traits communs qui nous permettent de les reconnaître : leurs lames sont généralement adnées (reliées au pied sur toutes leur hauteur) ou échancrées (l’ensemble des lames forment un sillon plus ou moins creux autour du pied). Plus difficiles à voir mais également caractéristiques, les spores des Entolomes sont rosées et parées d’un réseau de crêtes anguleuses.

Essentiellement terricoles, on retrouve les Entolomes dans des habitats variés tels que les savanes, forêts ou encore en bord de route.

Retrouvez son portrait photo réalisé par Heidy Schimann sur la page « Portraits de champignons ».